Prix de la Page 111

Sélection Prix de la Page 111 pour Journal d’un Caméléon

La page 111 du Journal d’un Caméléon dans les six sélectionnées sur 393 pour l’édition 2015 du Prix de la Page 111:

  • Booming, de Mika Biermann (Anarchasis)
  • Cordelia la guerre, de Marie Cosnay (L’Ogre)
  • Le Journal d’un caméléon, de Didier Goupil (Le Serpent à plumes)
  • Les Échoués, de Pascal Manoukian (Don Quichotte)
  • 2084, de Boualem Sansal (Gallimard)
  • Achab (séquelles), de Pierre Senges (Verticales)

Le lauréat se nomme Pierre Senges avec la page 111 de son roman Achab aux éditions Verticales, mais cette nomination pour le Caméléon est déjà une belle preuve de reconnaissance !

A l’année prochaine !


Découvrez la page 111 de Journal d’un Caméléon

Matin, midi et soir, il écrivait maintenant tout le temps. À la moindre inquiétude, à la plus petite appréhension, il s’emparait de son stylo et, comme la seiche ou le poulpe quand ils se sentent menacés, il projetait son jet d’encre sur le papier.

Soc el dolent alumne que se fot del temporal i de les tronades, que nomes es fixa en lespumadel llamps i que ignorant com mesoldre el temps, s’enfonsa en el sonis… sonia en els blancs de la seva memoria…

Au fil des jours, c’était devenu comme une sorte de journal. Un journal anarchique, aléatoire, sans date ni continuité, mais un journal quand même. Le journal de sa saison en enfer. Celle où il avait perdu toutes ses couleurs.
Le seul problème qu’il rencontrait, c’est qu’écrire lui donnait aussitôt envie de fumer. Une irrépressible envie de fumer. Dès que l’encre se mettait à couler, il ressentait dans tout son être un urgent besoin de nicotine. Il lui arrivait de penser que si le monde avait été bien fait, l’un de ses doigts aurait fini par se transformer en une cigarette sur laquelle il aurait pu tirer à volonté. Mais le monde n’est pas bien fait, nul ne l’ignore, et s’il voulait allumer une petite sèche, il lui fallait retourner au fumoir.
« J’en viens ! » ne put-il s’empêcher de déplorer à voix haute. Il n’avait pourtant d’autre solution. Il ne lui était pas possible de fumer dans le dortoir. Ses compagnons n’étaient pas de mauvais bougres, mais ils auraient été capables de le dénoncer aux infirmiers. Il risquait de se voir privé de visite ou pire que la date de sa sortie soit différée. Le jeu n’en valait pas la chandelle.


Lecture en direct par le comédien Julien Goetz (43:40)


La soirée au Café de la Presse en images

Crédits photos Régis Mestre

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Découvrir la page 162647 – 59 – 81


Didier Goupil             didier.goupil1@orange.fr            06.63.90.47.98

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